Kaneko Daiei,  Traductions

Extrait de Jôdo no Kannen par Kaneko Daiei

Kaneko Daiei est un penseur très important de la branche Ôtani du Jôdo Shinshu ayant enseigné à l’université d’Ôtani. Ancien élève de Kiyozawa Manshi, il est aussi un ami proche de Soga Ryôjin.
Dans l’extrait ci-dessous tiré du livre Jôdo no Kannen (l’idée de la Terre Pure), Kaneko présente son avis sur la prise de refuge dans le Bouddha et sur l’existence du Bouddha.

Lorsque j’arrive à une compréhension juste de mon être tel qu’il est réellement, alors l’action de prendre refuge se réalise en moi, ma tête s’incline naturellement et le désir de tomber à genoux et de joindre mes deux mains apparait en moi. Lorsque cela arrive, le Bouddha apparaît comme une partie de cette prise de refuge.

Ainsi, comme dit ci-dessus, lorsque l’acte de prendre refuge se réalise en moi, d’un côté se trouve mon Moi submergé par les passions mauvaises et la détresse, et de l’autre apparaît le Bouddha à la Lumière Infinie qui illumine ce Moi. Donc, on ne peut pas dire que je vois d’abord qu’il y a le Bouddha et qu’ensuite je prends refuge en lui, mais plutôt que quand mon action de prendre refuge apparaît, alors le Bouddha apparaît dans le domaine objectif.

Ainsi, pour nous, lorsque nous en venons à vraiment connaitre notre vraie nature et que l’action de prendre refuge se manifeste en nous, alors la question de l’existence ou la non-existence du Bouddha cesse d’avoir de l’importance. Ou, dit d’une autre façon, les termes exister et ne pas exister eux-mêmes deviennent problématiques. Lorsque nous disons que le Bouddha existe, qu’imaginons-nous habituellement ? Nous imaginons qu’il y a quelque part un être incroyable ressemblant plus ou moins à un être humain qui, voyant notre souffrance, se sent désolé pour nous et décide de nous aider. Alors nous décidons que nous devons prendre refuge dans ce Bouddha. Il va de soi qu’il ne s’agit pas là d’une pensée très pure de notre part. Puisqu’elle est basée sur un raisonnement du type « Je vais croire au Bouddha s’il existe, mais il serait stupide de croire en quelque chose que n’existe pas », elle est en quelque sorte impure parce qu’elle sous-entend que nous devrions d’abord nous assurer que le Bouddha existe, et ensuite seulement croire en lui.

Le Bouddha qui apparaît lorsque nous nous nous voyons tels que nous sommes réellement et que nous joignons nos deux mains tout en prenant refuge n’existe pas dans le sens que nous attribuons habituellement au mot existant. A la place, il s’agit de quelque chose qui transcende les concepts d’existence et de non-existence, qui ne rentre pas dans les limites de ces mots.

(Jôdo no kannen 浄土の観念, p. 17-18) Traduction basée sur une traduction anglaise non-publiée réalisée par le professeur Michael Conway de l’Université Ôtani.

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Bouddhiste Jōdo Shinshū basé en Franche-Comté qui souhaite partager avec vous sa passion pour cette tradition méconnue du Bouddhisme Japonais

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