Myōkōnin,  Traductions

Poèmes du Myokonin Saichi : Le Nembutsu

Troisième article de notre série sur les poèmes d’Asahara Saichi

Les poèmes ci-dessous ont été écrits par Asahara Saichi ( 浅原才市 – 1851-1933). Ce dernier est considéré dans le Jôdo Shinshû comme un Myokonin ( 妙好人), c’est à dire une personne incroyable et merveilleuse. Ce qualificatif est utilisé dans le Jôdo Shinshû pour désigner des personnes dont la vie reflète entièrement la Compassion et la Sagesse du Bouddha Amida ainsi que le Nembutsu.

Les poèmes ci-dessous ont été sélectionnés par DT. Suzuki dans son livre “Mysticism: Christian and Buddhist” et montrent la vision qu’a Saichi du Nembutsu.

Si vous souhaitez en apprendre plus sur les Myokonin, vous pouvez consulter notre bibliographie sur les Myokonin.


« O Saichi, est-ce que tu récites seulement le Nembutsu quand tu y penses ?
Que fais-tu quand tu n’y penses pas ?
– Oui, [et bien,] quand je n’y pense pas il y a le Namu-amida-butsu [juste pareil] – L’unité de Ki et de Hô ;
Même ma pensée du [Nembutsu] vient de cela.
Comme je suis reconnaissant pour cette faveur ! »
« Namu-amida-butsu, Namu-amida-butsu !»


Hônen Shônin [est réputé avoir récité le Nembutsu] soixante-mille fois [par jour] ;
Avec Saichi ce n’est que de temps en temps.
Soixante-mille fois et de temps en temps –
Ne sont qu’une seul et même chose.
Que je suis reconnaissant pour cette faveur ! « Namu-amida-butsu ! »


« O Nyorai-san, est-ce que tu me prends – moi ce misérable, tel que je suis ?
– Assurément à cause de la présence d’être aussi misérable que toi,
La miséricorde d’Oya-sama est nécessaire –
Le Nom t’est uniquement destiné, O Saichi,
Et il est à toi. »
« C’est ainsi, je suis très reconnaissant,
Je suis reconnaissant pour cette faveur –
Namu-amida-butsu ! »


Tous les mérites miraculeux accumulés par Amida
Tout au long des éons indénombrables de sa vie de discipline,
Remplissent ce corps nommé Saichi.
Les mérites ne sont rien d’autre que les six syllabes « Na-mu-a-mi-da-buts(u) ».


Le « Namu-amida-butsu » est inépuisable,
Peut importe le nombre de fois que quelqu’un le récite, il est inépuisable ;
Le cœur de Saichi est inépuisable ;
Le cœur d’Oya est inépuisable.
Le cœur d’Oya et le cœur de Saichi, Ki et Hô, ne forment qu’un corps qui est « Namu-amida-butsu ».
Peu importe le nombre de fois cela est récité, il est inépuisable.


A Saichi tel qu’il est, quelque chose de merveilleux est arrivée –
Son cœur à lui c’est transformé en bouddhéité !
Quel événement extraordinaire !
Quelles choses dépassant l’imagination nous réserve le « Namu-amida-butsu ! »


Le « Namu-amida-butsu »
Est comme le dieu-soleil,
Est comme le monde,
Est comme la grande terre,
Est comme l’océan !
Quelque soit le cœur de Saichi,
Il est enveloppé dans le vide de l’espace,
Et le vide de l’espace est enveloppé dans « Namu-amida-butsu » !
O mes amis, soyez heureux d’entendre le « Namu-amida-butsu » –
« Namu-amida-butsu » qui vous libèrera du Jigoku (l’enfer).


Le Nembutsu est comme l’immensité de l’espace,
L’immensité de l’espace est illuminée par le Nembutsu d’Oya-sama.
Mon cœur est illuminé par Oya-sama.
« Namu-amida-butsu ! »


Pour quelle raison, ça je l’ignore,
Mais le fait est que « Namu-amida-butsu » m’est tombé dessus.


Quel misérable ! Que devrais-je faire ?
[Mais] la misère est le « Namu-amida-butsu » –
« Namu-amida-butsu, Namu-amida-butsu ! »


Il n’y a rien dans la Hokkai ;
Hormis une chose,
Qui est le « Namu-amida-butsu » –
Et cela est la propriété de Saichi.


Le « Namu-amida-butsu » est transformé et je suis cela,
Il se réjouit en moi,
Et je me réjouis en lui.


Quelle misère !
Et quelle joie !
Ne font qu’un
[dans] le « Namu-amida-butsu ».


Le Nembutsu de repentance sur mon ignominie,
Le Nembutsu de joie –
Le « Namu-amida-butsu ».


Je pourrais bien être en possession de 84’000 passions mauvaises,
Et Amida également est 84’000 –
C’est le sens de l’unité de « Namu-amida-butsu ».


Le Namu est moi-même,
Amida est le Namu ;
Et Namu et Amida sont tous les deux le « Namu-amida-butsu ».


Moi, destiné à mourir,
Suis maintenant transformé en l’immortel « Namu-amida-butsu ».


La fin de la vie signifie « non-mort » ;
La « non-mort » est la fin de la vie ;
La fin de la vie est de devenir « Namu-amida-butsu ».


La mort m’a été arrachée,
Et à sa place le « Namu-amida-butsu ».


Le cœur de Saichi destiné à la mort quand son heure sera venue,
Est maintenant transformé en cœur immortel,
Est transformé en « Namu-amida-butsu ».


Mourir – rien n’est meilleur que la mort ;
On se sent si soulagé !
Rien ne dépasse ce sentiment de soulagement.
« Namu-amida-butsu, Namu-amida-butsu ».


Traduction réalisée sur la base de la traduction anglaise de DT. Suzuki dans “Mysticism : Christian and Buddhism

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Bouddhiste Jōdo Shinshū basé en Franche-Comté qui souhaite partager avec vous sa passion pour cette tradition méconnue du Bouddhisme Japonais

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